Des styles et influences variés
Le jardin à la française, symbole d’ordre
Des lignes droites, des perspectives majestueuses, des arabesques de buis et le bruit de la fontaine : certains châteaux affichent l’influence de Versailles comme un blason. Le parc du château de Malle (Sauternes), composé au début du XVIIIe siècle, illustre cet art de disposer la nature en tableau.
- Allées en croix, parterres symétriques : Ces codes évoquent puissance et rationalité, échos du siècle des Lumières.
- Éléments d’eau et statuaire : Grotte, vasque, sculptures d’inspiration mythologique, telles les allégories du vin et de la vigne.
L’esprit paysager ou le goût de l’exotisme
Autrefois, la fortune du négoce bordelais, enrichi de ses liens avec l’Angleterre, l’Espagne ou les Indes, a permis d’acclimater de précieuses essences. Parcs à l’anglaise, cèdres du Liban et séquoias magnifiques apportent au décor une note cosmopolite encore perceptible aujourd’hui.
- Le château Palmer (Margaux) côtoie cèdres, chênes et ifs qui racontent l’histoire d’un domaine ouvert sur le monde.
- À Branaire-Ducru, le grand saule pleureur fait écho à l’humidité toute médocaine.
Ces parcs furent souvent dessinés par des jardiniers venus de Paris ou de Londres, à l’image de Fischer pour château Lafite-Rothschild ou du paysagiste Philippe Dubreuil pour le château Beychevelle.
Les influences contemporaines
Si l’on doit aux siècles précédents les silhouettes soignées des grands parcs bordelais, la création paysagère se poursuit aujourd’hui. Certains domaines intègrent des œuvres d’art contemporain (château d’Arsac), d’autres redonnent place à la truffière ou au verger (château Latour-Martillac), renouant avec l’esprit de la polyculture.
Au cœur du XXIe siècle, des initiatives consacrent la biodiversité et le retour d’espèces oubliées (prairies fleuries, haies d’essences locales) : Château Guiraud, premier Premier Grand Cru certifié Bio (depuis 2011), consacre plus de 100 hectares à la nature sauvage (source : Château Guiraud).