Cépages bordelais : une expression façonnée par le terroir
Le merlot : caméléon de l’argile
Premier cépage rouge de Bordeaux, avec 66% de l’encépagement (Source : CIVB), le merlot est le héraut du Libournais. Sur argile, il donne des vins charnus, ronds, explosant de fruits noirs, avec des notes de violette et de réglisse. Sur graves, plus développé à Pessac-Léognan, il gagne en tension et en fraîcheur, parfois plus strict dans sa jeunesse.
- À Pomerol, la moitié des grands crus classés ne représentent que 0,1% du vignoble bordelais mais expriment un merlot d’une rare sensualité (Source : Terre de Vins).
Le cabernet sauvignon : l’allié minéral des graves
Le cabernet sauvignon, cépage roi des Graves et du Médoc, adore les sols chauds et pauvres. Son épiderme épais résiste au botrytis, mais la maturation lente impose impérativement un sol graveleux, capable d’accélérer la chaleur et d’écarter l’excès d’eau. Le résultat : structure tannique, parfums de cassis, cèdre et menthe, mais aussi art de vieillir dans les grandes années.
- Dans le Médoc, la part de cabernet sauvignon peut atteindre jusqu’à 80% de l’assemblage chez certains crus historiques (par exemple, Château Latour).
Le cabernet franc et les terroirs calcaires
Moins planté (environ 10% de l’encépagement), le cabernet franc offre de délicats arômes floraux et une fraîcheur remarquable. Il affectionne particulièrement les plateaux calcaires et argilo-calcaires de Saint-Émilion et Fronsac, où il exprime sa finesse et une note mentholée caractéristique.
Cépages blancs : le jeu subtil de Sémillon, Sauvignon et Muscadelle
La triade des vins blancs de Bordeaux (Sémillon, Sauvignon blanc, Muscadelle) s’épanouit principalement sur des terroirs argilo-calcaires et graveleux en bord de Garonne. Le Sémillon, majoritaire à Sauternes, capture la magie du botrytis grâce à la brume du Ciron, alors que le Sauvignon s’exprime avec des arômes vifs, herbacés, sur les sols plus pauvres et frais de l’Entre-deux-Mers.
- Le Sauternes 2001, année fraîche et humide, illustre à merveille l’influence du climat sur l’intensité et la complexité aromatique du cépage sémillon (Source : Bettane et Desseauve).