De la vigne au chai : mise en œuvre concrète de la vinification parcellaire
Organisation des vendanges : précision et logistique
La vinification parcellaire transforme le château en une ruche en effervescence au moment des vendanges. Oubliées, les vastes récoltes uniformes : chacune des parcelles, voire des sous-parcelles, est cueillie lorsqu’elle a atteint un optimum de maturité – qui peut varier de plusieurs jours, voire semaines, à quelques centaines de mètres d’écart. Les caisses sont étiquetées avec précision et conduites séparément vers le chai.
Des cuviers adaptés : inox, béton, bois… au service du terroir
Au chai, la diversité se lit dans l’alignement des cuves : petits volumes inox thermorégulés, barriques ouvertes, cuves tronconiques en bois, œufs en béton… Pour certains grands crus, le nombre de cuves dédiées à la vinification parcellaire peut dépasser la centaine, chacune réservée à quelques rangs de vignes seulement ! D’après la Revue du Vin de France, Château Lafite compte plus de 60 cuves pour 110 hectares cultivés – une organisation qui permet de hiérarchiser chaque micro-lot selon ses caractéristiques aromatiques et tanniques.
Fermentations contrôlées : “l’alphabet” de chaque parcelle
Les raisins issus de chaque parcelle sont travaillés comme une matière unique : ajustement des températures de fermentation, remontages, pigeages, macérations sur mesure. L’œnologue scrute chaque cuve, comme un compositeur écoute le timbre de chaque instrument. Les notes prises durant ces fermentations serviront, au moment de l’assemblage, à choisir celles qui entreront dans le grand vin, le second vin, ou pourront faire l’objet d’un lot à part.